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Jeux et divertissements à Auchy au XVIIe siècle

Bruno Fourot

Les archives judiciaires, conservées aux Archives Départementales, constituent une source inépuisable pour ceux qui s’intéressent aux mœurs  et à la vie quotidienne de nos ancêtres. Si les faits relatés sont toujours dramatiques, divertissements et fêtes, dans un contexte alcoolisé,  sont souvent les éléments déclencheurs de ces évènements.

Après le travail, les jours de fêtes et les dimanches après la messe, la plupart des hommes vont passer un moment dans les nombreux "cabarets" du village. Là, ils jouent aux cartes (peut-être au piquet ou au chasse-cœur- un jeu typique du Nord. Bataille, belote et manille n’apparaîtront qu’aux XIXe et XXe siècles).

En décembre 1678, Michel Duponchel est tué par Bernard Delcourt parce que le coup "qu’il avoit joué au crochet n’estoit point bon" (le jeu consistait à lancer des anneaux sur une cible où étaient plantés des crochets de différentes valeurs).

En avril 1643, Charles Mollet et huit ou neuf de ses camarades "passent le temps au jeu vulgairement appelé taillet".

En 1674, au cabaret de Jean-Philippe Willay, sur la Place, le même jeu est appelé « boisse » : J-Baptiste Desmons, armé de son billon, en deschargea un coup sur le costé droit de la teste du lieutenant, Mathieu Deregnaucourt…le blessé but une pinte de bière et s’en retourna tout ensanglanté en sa maison ». Il s’agit donc du jeu de billon, encore pratiqué de nos jours, consistant à lancer des quilles de bois vers un but, comme à la pétanque.

Les jeunes gens se défient parfois à la lutte. Ainsi, "Jean Delattre et Jacques Desmoutier badinoient et luttoient dans une grange… Ils s’estoient pris l’un l’autre corps à corps, et après quelques efforts, ledit Delattre tomba et Desmoutier dessus luy…blessé à l’aisne Delattre seroit décédé deux jours après… "

Un peu plus loin dans le temps, Quentin Mocq, "garny d’arcq et de flesches, se seroit trouvé à Auchy avec plusieurs autres pour tirer par forme de passe-temps entre deux berseaulx." (c'est à dire sur une cible placée au sol, contrairement au tir à la perche verticale qui se pratique encore en Flandre).

Au début du XVIIe siècle, les armes à feu se démocratisent et personne ne sort sans son "fusicq" ou sa "pochette", sorte de petit pistolet de poche. Certains "tirent des coups de fusicq par jeu, pour passer le temps", mais le fusil sert avant tout pour tirer le gibier.

La chasse était normalement un privilège seigneurial, mais dans les villages comme Auchy, où les seigneurs ne résidaient pas, la chasse sous forme de  braconnage était devenue un sport national.

En 1649, Robert Van Verrep « s’estant transporté hors la ville d’Orchies, à effet d’aller tirer au gibier, trouva plusieurs troupeaux de volailles… ».

 

L’autre sport de plein air est la crosse, qui se pratiquait dans les champs, à la morte saison. Le but du jeu consistait à toucher un objectif éloigné (arbre, porte, bancs…) avec une balle en bois (la choulette), en utilisant une crosse en fer ressemblant à un club de golf.

Les divertissements féminins sont moins connus, sans doute parce qu’ils provoquent moins d’incidents. En hiver, le soir, "se tenoit, en la maison du maréchal (-ferrant), selon la coustume du pays, la fillerie, qui est une assemblée de femmes et de filles filant leur quenouille… ".

Les femmes vont se réchauffer à la forge pour une veillée (les chaumières sont très difficiles à chauffer et le bois coûte très cher). Elles bavardent tout en s’occupant à quelques travaux d’intérieur.

Lors des ducasses (du mot dédicasse, jour dédié à la sainte patronne de la paroisse), on organise des réjouissances et surtout des danses qui attirent les jeunes de tous les villages voisins.

Un ou deux musiciens, des violonistes, animent la fête qui dégénère très souvent avec la consommation d’alcool.

Ainsi, en 1675, deux groupes de jeunes de Coutiches et Faumont  se battent parce que l’un d’entre eux « vouloit danser la Picarde avec une veuve… » et que les autres ne voulaient pas.

Marguerite Godin est blessée d’un coup de pistolet et Jacques Degain est "frappé de plusieurs coups de crochet à baston et marteau… ". Notons que l’on paye le musicien pour chaque morceau qu’il joue.

Ici les premiers avaient payé pour "la Picarde" et ils ne voulaient pas que les autres en profitent.

Lors des mariages également, on fait venir des musiciens. Les invités dansent et s’amusent mais très souvent, les jeunes des environs "vont voir les danses qui se faisoient à cause des dites noces… ".

Ici encore, nous avons connaissance de ce détail parce qu’un évènement tragique allait gâcher la fête.

Des jeux de boules et de quilles devaient également être pratiqués mais les jeux dit "traditionnels" qui font le succès des estaminets flamands n’apparaîtront que bien plus tard et certainement pas dans tous les villages.

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Jeux et divertissements à Auchy au XVIIe siècle

Bruno Fourot

Les archives judiciaires, conservées aux Archives Départementales, constituent une source inépuisable pour ceux qui s’intéressent aux mœurs  et à la vie quotidienne de nos ancêtres. Si les faits relatés sont toujours dramatiques, divertissements et fêtes, dans un contexte alcoolisé,  sont souvent les éléments déclencheurs de ces évènements.

Après le travail, les jours de fêtes et les dimanches après la messe, la plupart des hommes vont passer un moment dans les nombreux "cabarets" du village. Là, ils jouent aux cartes (peut-être au piquet ou au chasse-cœur- un jeu typique du Nord. Bataille, belote et manille n’apparaîtront qu’aux XIXe et XXe siècles).

En décembre 1678, Michel Duponchel est tué par Bernard Delcourt parce que le coup "qu’il avoit joué au crochet n’estoit point bon" (le jeu consistait à lancer des anneaux sur une cible où étaient plantés des crochets de différentes valeurs).

En avril 1643, Charles Mollet et huit ou neuf de ses camarades "passent le temps au jeu vulgairement appelé taillet".

En 1674, au cabaret de Jean-Philippe Willay, sur la Place, le même jeu est appelé « boisse » : J-Baptiste Desmons, armé de son billon, en deschargea un coup sur le costé droit de la teste du lieutenant, Mathieu Deregnaucourt…le blessé but une pinte de bière et s’en retourna tout ensanglanté en sa maison ». Il s’agit donc du jeu de billon, encore pratiqué de nos jours, consistant à lancer des quilles de bois vers un but, comme à la pétanque.

Les jeunes gens se défient parfois à la lutte. Ainsi, "Jean Delattre et Jacques Desmoutier badinoient et luttoient dans une grange… Ils s’estoient pris l’un l’autre corps à corps, et après quelques efforts, ledit Delattre tomba et Desmoutier dessus luy…blessé à l’aisne Delattre seroit décédé deux jours après… "

Un peu plus loin dans le temps, Quentin Mocq, "garny d’arcq et de flesches, se seroit trouvé à Auchy avec plusieurs autres pour tirer par forme de passe-temps entre deux berseaulx." (c'est à dire sur une cible placée au sol, contrairement au tir à la perche verticale qui se pratique encore en Flandre).

Au début du XVIIe siècle, les armes à feu se démocratisent et personne ne sort sans son "fusicq" ou sa "pochette", sorte de petit pistolet de poche. Certains "tirent des coups de fusicq par jeu, pour passer le temps", mais le fusil sert avant tout pour tirer le gibier.

La chasse était normalement un privilège seigneurial, mais dans les villages comme Auchy, où les seigneurs ne résidaient pas, la chasse sous forme de  braconnage était devenue un sport national.

En 1649, Robert Van Verrep « s’estant transporté hors la ville d’Orchies, à effet d’aller tirer au gibier, trouva plusieurs troupeaux de volailles… ».

 

L’autre sport de plein air est la crosse, qui se pratiquait dans les champs, à la morte saison. Le but du jeu consistait à toucher un objectif éloigné (arbre, porte, bancs…) avec une balle en bois (la choulette), en utilisant une crosse en fer ressemblant à un club de golf.

Les divertissements féminins sont moins connus, sans doute parce qu’ils provoquent moins d’incidents. En hiver, le soir, "se tenoit, en la maison du maréchal (-ferrant), selon la coustume du pays, la fillerie, qui est une assemblée de femmes et de filles filant leur quenouille… ".

Les femmes vont se réchauffer à la forge pour une veillée (les chaumières sont très difficiles à chauffer et le bois coûte très cher). Elles bavardent tout en s’occupant à quelques travaux d’intérieur.

Lors des ducasses (du mot dédicasse, jour dédié à la sainte patronne de la paroisse), on organise des réjouissances et surtout des danses qui attirent les jeunes de tous les villages voisins.

Un ou deux musiciens, des violonistes, animent la fête qui dégénère très souvent avec la consommation d’alcool.

Ainsi, en 1675, deux groupes de jeunes de Coutiches et Faumont  se battent parce que l’un d’entre eux « vouloit danser la Picarde avec une veuve… » et que les autres ne voulaient pas.

Marguerite Godin est blessée d’un coup de pistolet et Jacques Degain est "frappé de plusieurs coups de crochet à baston et marteau… ". Notons que l’on paye le musicien pour chaque morceau qu’il joue.

Ici les premiers avaient payé pour "la Picarde" et ils ne voulaient pas que les autres en profitent.

Lors des mariages également, on fait venir des musiciens. Les invités dansent et s’amusent mais très souvent, les jeunes des environs "vont voir les danses qui se faisoient à cause des dites noces… ".

Ici encore, nous avons connaissance de ce détail parce qu’un évènement tragique allait gâcher la fête.

Des jeux de boules et de quilles devaient également être pratiqués mais les jeux dit "traditionnels" qui font le succès des estaminets flamands n’apparaîtront que bien plus tard et certainement pas dans tous les villages.

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